J. BTESH
"Under Perpetual Construction"





J. BTESH a une vie tranquille. Il frappe de tout son corps les plaques d’acier qu’il finit par plier comme de simples mouchoirs de poche sur des cadres géants. Puis viennent les mots : Chaque lettre de plomb ne se révèle que dans un miroir, comme la typographie ne devient lisible que lorsqu’elle a pesé de tout son poids d’encre sur le papier. Mais, là chaque lettre pèse de tout son poids de lumière. Bon, avec le miroir, on ne voit jamais vraiment la même chose, en fonction de l’angle de vue, de l’air du temps, du lieu. C’est ce qui fait de chaque œuvre BTESH une œuvre vivante qui ne s’épuise jamais.

Forgeron du sens, J. BTESH frappe les mots de toutes ses forces en des matrices qu’il électrise au sens propre du terme. Pour l’autre part de son œuvre, il attend la nuit et se tapit dans le noir. Titan déterminé, JB saisit alors le reflet des mots sur des plaques photosensibles qu’il soude dans des caissons lumineux dans tous les sens du terme. Et même si l’on ne connaît pas l’histoire du caisson qui fait briller les mots sur un fond noir qui frétille de reflets, ces mots se lisent en plusieurs séquences et accompagnent le connaisseur de leurs signes de reconnaissance. Forgeron et orfèvre, il est réticent à parler autrement qu’avec ses œuvres. Mais elles parlent beaucoup pour lui.

Matrice.
Chaque pièce est unique. Créée autour d’un thème matérialisé par une plaque d’acier pliée sur cadre, brûlée d’acide, puis découpée pour mettre en valeur les galets de verre illuminés comprenant les inclusions de photos réalisées pour le concept. Enfin l’acier s’ouvre sur le miroir qui reflètera la construction typographique créée pour incarner l’axe central de l’œuvre.

Light Box.
Chaque matrice donne lieu à cinq tirages de light boxes en deux formats : un quart de mètre carré et deux tiers de mètre carré. Concentrée sur le thème central de la matrice de référence, elle procède d’une prise de vue nocturne du reflet typographique s, tiré lambda sur duratrans, inséré sous verre, sous vide. Le tout est scellé dans un caisson d’acier inox poli accueillant une lumière intérieure, et poinçonné dans la masse.



N° 18: "Under perpetual..."2008
25,5x99,5x12 cm 3ex dispo 2
40x135x12 cm 2ex dispo



J. BTESH leads a quiet life. With all his strength he pounds away at sheets of steel until he manages to stretch them out onto gigantic frames like they were nothing more than handkerchiefs. Next come the words. Each single leaden letter only becomes visible in a mirror, just like a typeface becomes legible only after the whole weight of a printing press has been forced down onto ink and paper. For J. BTESH, each letter beams its weight in light.

Of course the reflection is never identical in a mirror, subject to the viewing angle, the weather, the venue. That is why each JB Work is a living thing that never runs out of life. A blacksmith of meaning, JB smashes at words with all his might, turning them into matrixes, which he then electrifies…literally. For that second part of his labor, he waits until nightfall to shroud himself in darkness. An obstinate Titan, J. BTESH captures the reflection of words on light-sensitive plates, which he goes on to weld into light boxes, emitting light in every sense of the word.

And even for those who don’t know the story of the light box that makes words radiate against a black background shimmering with reflections, the words can still be read in several sequences as they guide the viewer who can interpret the distinctive signs of their identity. Both a blacksmith and a goldsmith, JB is reluctant to speak otherwise than through his works, but they do speak loudly for him.

The Matrix
Each work is unique. Each is based on a theme that takes the form of a steel plate stretched onto a frame, burnished with acid and then cut up to highlight the illuminated glass pebbles, containing photos specifically taken for this concept. Ultimately, the steel plate opens up onto a mirror that reflects the typographical construction designed to carry the main thrust of the work.

The Light Box.
Every matrix gives place to an edition of five light boxes in two sizes: one quarter and two thirds of a square meter. Built around the central theme of the reference matrix, each light box is based on a night photo of the typographical reflection, lambda printed on duratrans and vacuum-sealed under glass. The whole thing is encapsulated into a polished stainless steel box, contains an internal light source and is imprinted with an indented stamp.


 




Comment sculpter sans être sculpteur ?
En débarrassant son œuvre de soi.
Règle numéro 1 : se faire une idée de la sculpture à réaliser.
Règle numéro 2 : copier cette idée jusqu’à ce qu’on ne la reconnaisse plus. Organiser une rencontre entre son envie et les surprises de la matière. S’enthousiasmer devant l’inattendu. Applaudir le hasard. Cela s’appelle l’apprentissage de l’enfance. J.Btesh est l’exemple de cet apprentissage. L’animal maîtrise l’art de ne dominer aucune technique académique : il sait à merveille ne pas modeler, refuse avec virtuosité de tailler la pierre, excelle dans la maladresse, fait tout avec ses pinceaux sauf de la peinture. Chaque jour il se perfectionne dans l’art de désapprendre.

Btesh désutilise donc les objets, tutoie les matières nobles, vouvoie les matériaux ordinaires, rend invisible ce qui saute aux yeux, annule le visible, fixe son attention sur l’irregardable, multiplie le singulier, désobéit aux lois de la gravitation, contrarie les courbes, dupe ce qui nous dupe. Sans cesse il écrit sans mot, découpe le vide, déplie ce qui est lisse, complexifie le simple. Sa rage contre les matières est celle d’un homme qui désorganise le réel pour mieux s’en étonner. Pourquoi ? Renan, sculpteur de livres, l’a dit mieux que personne : « Il se pourrait que la vérité fût triste. »

Car l’œuvre de J.Btesh est avant tout une œuvre de l’étonnement. Son ascèse est de s’amuser, de refuser avec gaieté la sinistrose des temps. Il ne la nie pas, il en rit. Sa joie est de se divertir du talent de tous ceux qu’il intègre dans son cheminement : artisans, créateurs de lieux divers, récupérateurs de matériaux, autres artistes. Se prennent-ils au sérieux, Aussitôt il s’en moque, et reprend son jeu. Btesh travaille-t-il ? Ce terme de grande personne supposerait qu’il cherche des réponses ; or, il n’espère que des questions.

Alexandre Jardin




N°4: "I'm so sexy "2006
45x45x12 cm 3ex épuisé
75X75 X12 cm 2ex dispo 1




N°10: "accept even if it works" 2007
135x40x12 cm. 2ex. dispo 2
99,5x25,5x12 cm. 3ex. dispo 2


"See with-in me"




Instruments musicaux, panneaux publicitaires, machines d’imprimerie ou objets technologiques sont quelques suggestions indiquées par ces oeuvres. Les influences du Pop Art, du cinéma et de la musique habitent le fond référentiel de cette proposition menée par un « artiste complet », à la fois sculpteur, photographe, philosophe.

C’est en 2001 que Jérôme Btesh se propose de concevoir une centaine d’objets à partir d’un processus qui naît d’un rapport primordial au langage et à la philosophie. Partant de la récupération de casses d’imprimerie, ces éléments condamnés à mort en tant que déchets industriels, Btesh opère une « archéologie industrielle » pour passer ensuite à un processus d’élaboration complexe des objets : une sorte de « complément de compétences », construit en collaboration avec des professionnels qui maîtrisent le savoir-faire dans les verreries industrielles, dans les serrureries et chez les miroitiers.

Ainsi, sur un support en tôle rouillée, sont posés et incrustés divers éléments : verre, photo, casses typographiques, miroir. Les casses d’imprimerie retrouvent une existence nouvelle dans des phrases recomposées. Les lettres sont suspendues à des câbles d’acier et se reflètent dans un miroir qui, seul, permet la lecture de ces « phrases-slogans » d’où l’on peut tirer un sens philosophique. Le choix de l’anglais signale l’appartenance de l’artiste au système global, où il se définit comme « citoyen du monde ».

Un dispositif d’éclairage, caché dans l’ossature de l’objet, donne une vie supplémentaire aux éléments posés à la surface. La lumière joue avec la transparence du verre, met en évidence la fêlure réalisée sur le métal, déborde les contours du miroir.

Mais ces premiers objets servent également de « matrices » à un deuxième moment du processus de création de Btesh, initié pendant l’été 2006, alors que l’artiste s’est vu poussé par une « volonté d’aller vers quelque chose de plus épuré ». Isolée et photographiée, la phrase de l’objet d’origine sert de référence unique pour la réalisation de caissons lumineux en inox poli. Ici la photographie, auparavant matériau, assume son rôle de technique de reproduction, rendant possible l’existence autonome de la phrase dans un autre espace, maintenant libre de son rapport au miroir.

Donner de la vie à des casses d’imprimerie, re-sublimer ces objets devenus obsolètes après l’avènement des nouvelles technologies, et précisément à l’aide de celles-ci, voici le paradoxe central, le moteur de la démarche de Btesh.

En se réappropriant les traces d’une modernité industrielle – celle qui a incité tant d’artistes d’avant-garde à chercher leurs matériaux dans les usines émergentes des débuts du XXè siècle –, l’artiste détourne, déplace, transforme pour aller vers « quelque chose d’organique » et s’inscrit ainsi dans une dynamique contemporaine. Car en même temps, et là encore paradoxalement, l’organique est soumis à une sorte d’économie formelle aux traits minimalistes, qui renvoie à la frontière entre l’art et le design. Fabiana de Moraes





N°2: "fuck-love" 2006
25x62x12 cm. 3ex. dispo 2





N°3: "fuck me but love me" 2008
25,5x 99,5x12 cm. 3ex. dispo




N°8: "betwein (2) pushsy" 2007
69,5x104x12 cm. 2ex. dispo 2
44x65x12 cm. 3ex. dispo 1





N°9: "love me but fuck me" 2008
25,5x99,5x12 cm. 3 ex. dispo





N°16: "let get us pretty & nice" 2008
grand format en cours, 2ex.
39,4x71x12 cm, 3ex. dispo (délai)




N°7: "un achievement" 2006
35x183x12 cm. 2ex. dispo 1
24x120x12 cm. 3ex. dispo 1

Site réalisé par 3Minutes.fr *