Régis Sénèque
« Mon intérieur, cet espace commun »

double portrait / dimensions variables / 2008
Tout d’abord il y a un individu, c’est moi. Un intérieur qui est le mien ainsi qu’un ensemble d’objets, vêtements et couverture, qui sont des éléments de mon quotidien. Ces différents composants sont les points d’ancrage d’une représentation de la réalité, du singulier, de l’intime. Cependant je les décharge de toute empreinte personnelle afin de m’en servir comme éléments de référence, de mesure. S’y juxtapose la sphère publique composée de divers lieux investis, d’objets prélevés ainsi que d’individus.
Tels sont les éléments du jeu dans lequel n’y est préfiguré aucunes règles précises.
Ainsi le jeu se met en place par la réalisation de différentes actions telles que, toucher, appliquer, déplacer, construire, reproduire, recycler, multiplier. Cela afin de créer un glissement de la cellule privée, de l’étirer vers d’autres géographies, et inversement ; de jouer de ces éléments récurrents que sont le corps, les mains, les vêtements, une couverture, un mur et ainsi de les soumettre à une lecture et à un sens variable, évolutif. C’est un jeu entre réalité et fiction où la précarité est de mise.
De ces matières, ces formes, ces images, s’ensuit un travail de leur mise en espace, de leur aptitude à dialoguer entre elles et enfin de se confronter à notre réalité.
« Mon intérieur, cet espace commun » est un travail en cours.
Régis Sénèque, 2009

reliefs, empreinte d’un lieu public / série en cours / dimensions variables / 2009
On pourrait juger, à tort, le monde de Régis Sénèque comme froid et clinique.
Clinique, il l’est, mais à première vue. Peu de matière, un extrême dénuement dans les images : des murs blancs implantés en tant que décors, des tissus aux pâles reliefs, des corps nus et souvent sans visage…
Mais la Nature reprend le dessus. Par l’homme déjà, nu et comme universel. Par les herbes qui encadrent le mur, car ce n’est pas l’habitation qui envahit la nature chez Régis Sénèque, comme chez beaucoup de photographes qui enregistrent avec précision un environnement urbain… C’est l’urbain qui tente de s’imposer, d’un bloc et sans soucis d’échelle, dans un espace naturel.

dimensions variables #1 / dimensions variables / 2008
La vie prend le dessus également. Elle est sur l’écorce d’un arbre, elle se meut sous un drap, s’imbrique en une cascade de vêtements sur une silhouette ou dans des corps en mouvement, et puis elle se transmet, aussi, par le bras qui va appuyer sur l’autre.
Pour la froideur : oublions, donc.
Il s’agit plutôt d’un univers basique, lumineux, aérien parce que parfois proche du presque rien qui ferait presque tout.
La blancheur, la maigreur, dominent. Les personnages et lieux sont abstraits. Le passé de peintre qu’était Régis Sénèque a fait son chemin…
Libre à nous, et c’est la grande force de ces images, d’imaginer un contour, un ailleurs, une anticipation peut-être. Un rêve ? Comme cet homme qui se lève du canapé, semblable à une histoire de Duane Michals. Est-ce là une allégorie ou un fantôme ?
Point de peur ici, pourtant. Il y a aussi quelque chose de rassurant dans ces nombreuses séries de photographies. Qui tient de l’ordre de l’indéfinissable car inextricable avec cette ambiance impartiale qui lui est propre. La nature est belle, et bien là, enserrant le bout d’habitat. Le tissu semble vouloir être touché, même s’il remue par cet effet d’optique en triptyque.
Le corps, par la finesse du grain de l’image et par sa couleur translucide, est presque palpable. Effet d’optique aussi ? Jeux de mains sans être vilain. Le langage des mains - et donc de l’image - domine et en deviendrait presque animé.
Le corps choisit la position fœtale, apaisé. Ou encore réfugié droit comme « i » sous l’amas d’habits. Rarement seul, la communion/communication se fait d’elle-même dans l’espace du cadre. Par un corps en multiples mouvements ou ce fameux geste d’entraide.
Des images où l’on s’abandonne, inéluctablement.
Sandrine Derym, 2009

forme / dimensions variables / 2008
toucher #2 / dimensions variables / 2009
expositions
2009 Art Paris - association Dessine l’espoir - Artists4life - exposition collective Guide
Michelin,
100ème édition - Musée d’Orsay - exposition collective (Paris)
2008 Association Dessine l’espoir - Un dessin pour “One Month of Love” - exposition collective
(Paris)
2007 Rencontres photographiques du Xème - exposition collective (Paris)
Galerie Kamchatka - exposition collective (Paris)
2006 Galerie d’art contemporain - exposition personnelle (Mourenx)
2005 Galerie Christine Phal - exposition collective (Paris)
2004 Tous ego - exposition collective (Ivry-sur-Seine)
Tacheles - Neue gallery - exposition collective (Berlin)
Artcité 2004 - exposition collective (Fontenay-sous-bois)
Galerie Christine Phal - exposition collective (Paris)
2003 Kwartz événements - exposition collective à la Bourse de Paris
Musée ethnologique de Sirogojno - exposition collective avec acquisition de l’œuvre par le
musée (Sirogojno - Serbie)
Galerie LADS - exposition collective (Osaka)
Galerie Distilled Art - exposition personnelle (Paris)
2002 Galerie Akwaaba - exposition collective (Sucy-en-Brie)
Galerie Christine Phal - exposition collective (Paris)
Galerie area - exposition collective - 9ème courant d’art à Deauville
47e Salon Montrouge - exposition collective (Montrouge)
2001 Galerie Distilled Art - expositions collectives (Paris)
2000/2001 Galerie Envie d’art - expositions collectives (Paris)